Ville et Agriculture

Ville et Agriculture : Innovations architecturales, urbaines et territoriales

C’est le titre du séminaire organisé par l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier, comme un temps de rencontre entre les architectes de l’école et les chercheurs de l’INRA/CIRAD.

Confrontation (très instructive) de deux visions.
L’une percevant le rural comme une succession monotone de champs, strictement identiques. L’autre, la ville comme la juxtaposition « de bâti, de bâti, de bâti »

Je retiens en particulier l’intervention d’Elodie Valette – chercheuse spécialiste des interfaces rural / urbain au sein du CIRAD – sur le thème :

La question agricole fait elle partie de l’urbanisme ?

 

A première vue, la réponse est négative car les deux se font concurrence pour l’usage du foncier. Mais les relations de la ville et sa campagne sont plus complexes et mouvementées qu’il n’y paraît.

A l’époque des ceintures maraichères, elles furent profondément organiques. Puis la révolution industrielle, l’arrivée du train et plus tard celle du frigidaire, éloignèrent durablement ces deux pôles de l’organisation humaine.

L’expansion des villes et la disparition des surfaces agricoles à la vitesse vertigineuse d’un département tous les 10 ans, confirmèrent ce désintérêt de l’urbain pour le rural.

Mais les scandales alimentaires et – je l’espère – une certaine prise de conscience, ont permis un regain d’intérêt pour les questions d’approvisionnement alimentaire et par conséquent de la production agricole.

Certaines villes se sont lancées dans une quête d’autosuffisance alimentaire. D’autres intègrent plus humblement (ou de façon plus réaliste ?), cette dimension – qui constitue désormais l’un des piliers de leur résilience – dans leur documents d’urbanisme.
Pour l’élaboration de son SCOT, la métropole de Montpellier a souhaité changer son regard en mettant la ville en creux pour mieux montrer les espaces naturels.

Mais la protection de l’espace agricole ne suffit pas à développer l’agriculture en témoigne l’existence de friches agricoles au cœur de certaines villes. Il est aussi absolument nécessaire d’organiser la demande et d’accompagner l’émergence d’une nouvelle offre pour que cette nouvelle politique foncière porte réellement ses fruits.

Il faut aussi sans doute cesser de scinder les espaces et entremêler les différentes fonctions en travaillant sur les interstices urbains et en étant surtout bien clairs sur les objectifs poursuivis.
Car à l’heure où il est « de bon ton » d’aménager un potager dans les opérations immobilières, il est amusant de se rappeler qu’il y a encore 50 ans, en particulier dans les villes ouvrières, les règlements de lotissement interdisaient l’aménagement de tels espaces, alors associés à une certaine pauvreté. Or aujourd’hui on s’interroge sur le phénomène de gentrification que la plupart de ces « nouveaux jardins » entrainent, en particulier pour ceux conçus sans avoir associé les habitants.

Quoiqu’il en soit, pour que la question agricole et l’urbanisme ne cessent plus de se parler, il faut continuer à échanger entre les différentes typologies d’acteurs et surtout faire ensemble et expérimenter pour une société toujours plus résiliente